Un périnée trop contracté peut-il favoriser constipation et hémorroïdes ?
Publié le 6 septembre 2026
Le périnée n’a pas seulement besoin de force. Pour uriner, avoir des rapports sans douleur et aller à la selle, il doit aussi pouvoir se relâcher au bon moment. Chez certaines personnes, les muscles du plancher pelvien restent trop actifs ou se contractent paradoxalement pendant la défécation : on parle de plancher pelvien non relaxant ou de dyssynergie défécatoire.
Cette situation peut rendre l’évacuation difficile et augmenter les poussées. Elle ne constitue pas l’unique cause des hémorroïdes, mais peut entretenir un contexte qui favorise leurs symptômes.
Du périnée hypertonique aux symptômes hémorroïdaires
Lors d’une défécation coordonnée, le puborectal et le sphincter anal externe se relâchent tandis que la pression propulsive augmente. En cas de dyssynergie, cette relaxation est insuffisante ou remplacée par une contraction. Il peut en résulter une sensation de blocage, une évacuation incomplète, des passages prolongés aux toilettes et des poussées répétées.
Une méta-analyse de 19 études a trouvé davantage de constipation fonctionnelle, de dyssynergie défécatoire et de pressions anales élevées chez les personnes ayant des hémorroïdes. Cette association rend le mécanisme plausible, sans prouver qu’un périnée hypertonique cause à lui seul les hémorroïdes. Les troubles du transit, l’alimentation, la grossesse, l’âge et d’autres facteurs peuvent aussi intervenir.
Le Pilates peut-il contracter et détendre le plancher pelvien ?
Oui. Le travail du centre constitue l’un des principes fondamentaux du Pilates. Le plancher pelvien participe à ce centre avec les abdominaux profonds, le diaphragme et les muscles du dos. Lorsqu’une contraction correcte est explicitement intégrée aux exercices, le Pilates peut développer la force, l’endurance et la coordination avec la respiration. Un essai randomisé a observé de meilleurs gains lorsque la contraction volontaire du périnée était ajoutée au programme.
Mais savoir contracter ne garantit pas que l’on sache relâcher. Dans un contexte d’hypertonie ou de mauvaise relaxation à la selle, la pratique doit modifier son objectif : moins de contraction systématique et davantage de respiration, de mobilité du bassin, de coordination et de retour au repos. Le Pilates peut alors compléter une rééducation, sans être présenté comme un traitement des hémorroïdes ou de la dyssynergie.
À quoi ressemble une pratique orientée vers le relâchement ?
L’objectif n’est pas de pousser vers le bas ni de rechercher un étirement forcé. On peut privilégier une respiration confortable laissant s’élargir les côtes et l’abdomen, observer l’assouplissement du bas du bassin à l’inspiration, puis expirer sans serrer systématiquement le périnée. Des mobilisations lentes du bassin et des positions soutenues peuvent aider à diminuer l’effort global.
Pendant les exercices, alterner clairement activation et relâchement évite le « tout contracté ». Aux toilettes, un petit support sous les pieds, du temps sans précipitation et l’absence de poussée prolongée sont souvent plus pertinents qu’un Kegel. Une consigne respiratoire générale ne remplace toutefois pas l’évaluation d’une dyssynergie.
En résumé
Un périnée trop actif peut gêner la défécation et contribuer indirectement aux facteurs associés aux symptômes hémorroïdaires. Le Pilates peut intégrer contraction, respiration et relâchement, mais seulement si ces objectifs sont enseignés explicitement. En présence d’une hypertonie suspectée, multiplier les Kegels n’est pas la réponse par défaut : l’évaluation, la coordination et, si nécessaire, le biofeedback sont plus adaptés.
FAQ
Faut-il arrêter tout renforcement du périnée ?
Pas nécessairement. Le choix dépend du bilan. Un périnée peut manquer de force tout en se relâchant mal ; le travail doit alors associer dosage, coordination et retour au repos plutôt qu’accumuler les contractions.
Le Pilates peut-il faire disparaître les hémorroïdes ?
Aucune étude ne permet de l’affirmer. Une pratique adaptée peut agir sur la respiration, les habitudes de poussée et la coordination, mais elle ne remplace ni le traitement de la constipation ni un avis médical.
Sources médicales
- Constipation fonctionnelle et hémorroïdes — revue systématique et méta-analyse
- Recommandations cliniques sur les hémorroïdes — ASCRS (2024)
- Biofeedback et dyssynergie défécatoire — essai randomisé
- Pilates et fonction du plancher pelvien — revue systématique et méta-analyse
- Contraction périnéale volontaire ajoutée au Pilates — essai randomisé
- Respiration et plancher pelvien — revue systématique

