Incontinence urinaire après prostatectomie : comprendre, se faire accompagner, reprendre confiance
Publié le 2026-08-31
Après une prostatectomie, parler des fuites urinaires peut être gênant. Pourtant, elles font partie des suites possibles de l’intervention et ne disent rien de votre valeur ni de vos efforts. Elles méritent surtout une information claire, un suivi adapté et du temps.
Cet article donne des repères généraux. Il ne remplace ni les consignes de l’équipe chirurgicale ni un bilan avec un urologue ou un kinésithérapeute formé à la rééducation périnéale masculine.
Pourquoi des fuites peuvent-elles apparaître ?
La prostate est située sous la vessie, autour de l’urètre. Après son retrait, le système qui participe à la fermeture de l’urètre doit s’adapter. Les fuites sont souvent dites « d’effort » : elles surviennent en se levant, en marchant, en toussant, en portant une charge ou en changeant de position.
Mais toutes les fuites ne se ressemblent pas. Un besoin urgent, des mictions très fréquentes, une sensation de mauvaise vidange ou des fuites mixtes demandent une évaluation plus précise. Identifier le mécanisme évite de traiter toutes les situations comme un simple manque de force.
La récupération est progressive, pas linéaire
Chez beaucoup d’hommes, le contrôle s’améliore au fil des mois. Le rythme dépend notamment de l’état urinaire avant l’opération, de l’âge, du type d’intervention et de la récupération propre à chacun. Une bonne semaine peut être suivie d’une journée plus difficile : ce n’est pas forcément un recul.
Les recommandations urologiques soutiennent l’apprentissage précoce et encadré des exercices du plancher pelvien après l’ablation de la sonde. Elles prévoient aussi une réévaluation si les fuites restent gênantes. Il ne faut donc ni promettre un délai précis, ni attendre seul quand le quotidien reste très limité.
Ce qu’apporte un accompagnement spécialisé
Un professionnel peut vérifier comment vous contractez et, tout aussi important, comment vous relâchez. Il peut adapter les exercices à vos fuites, à vos cicatrices, à votre respiration et à votre niveau de fatigue. Un calendrier mictionnel ou un test de protection peut aussi aider à objectiver l’évolution.
Le but n’est pas de serrer le périnée toute la journée. Un muscle fonctionnel doit pouvoir se mobiliser au bon moment puis se détendre. Les consignes génériques trouvées en ligne ne remplacent pas ce travail individualisé, surtout après une chirurgie.
Où situer le Pilates dans cette période ?
Le Pilates peut redevenir une pratique intéressante une fois la reprise autorisée par votre équipe soignante : respiration, mobilité douce, stabilité du tronc et reprise graduelle de l’activité peuvent aider à vous réapproprier vos mouvements. Il ne traite pas la prostate, ne répare pas les structures opérées et ne remplace pas la rééducation prescrite.
Commencez sans retenir le souffle ni rechercher une contraction maximale. Les exercices doivent rester confortables, sans douleur, saignement, vertige ni aggravation nette des symptômes. Une progression simple, adaptée et coordonnée avec les soignants est plus utile qu’un programme intensif trop tôt.
Quand recontacter rapidement l’équipe médicale ?
Après une intervention, suivez en priorité les consignes qui vous ont été remises. Une impossibilité d’uriner, de la fièvre, une douleur importante, du sang visible dans les urines ou une aggravation brutale justifient un avis médical rapide.
À distance de l’opération, des fuites qui restent très gênantes, qui ne s’améliorent plus ou qui s’accompagnent d’urgences marquées méritent également d’être discutées avec l’urologue. Il existe plusieurs options de prise en charge ; vous n’avez pas à les deviner seul.
FAQ
Quand commencer les exercices du périnée après prostatectomie ?
Le moment dépend de votre opération et des consignes de votre équipe. Les recommandations prévoient souvent un apprentissage après le retrait de la sonde, idéalement avec un professionnel formé.
Le Pilates peut-il remplacer la rééducation périnéale ?
Non. Le Pilates est une pratique globale ; la rééducation après chirurgie doit être individualisée. Il peut être un complément de reprise du mouvement lorsque l’équipe soignante l’autorise.
Que faire si les fuites persistent après plusieurs mois ?
Parlez-en à votre urologue. Une évaluation de la nature, de la sévérité et du retentissement des fuites permet de discuter des options adaptées.

